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Revue Vie sociale

A partir du premier numéro de l'année 2013, la revue Vie sociale sera éditée par Erès.
Depuis maintenant près de quarante ans, la revue Vie Sociale joue un rôle pionnier dans le développement de l'histoire du travail social. À l'heure où le CEDIAS, « lieu de mémoire » du social grâce à sa bibliothèque, s'apprête à relancer le « réseau Histoire du travail social », qui fut pendant une vingtaine d'année un des principaux foyers de la recherche dans ce domaine, la revue revient sur des textes fondateurs qu'elle a publiés. Ces textes donnent un regard sur la construction du travail social, sur les façons de dire et de faire d'alors qui nous imprègnent encore aujourd'hui, sur les ruptures et les continuités. À travers ce retour en arrière, le numéro ambitionne tout autant de dresser un bilan du travail accompli que d'initier et d'appuyer de nouvelles recherches historiques.
 
Dans le travail social, la question du temps se trouve présente et prégnante. Temps prescrits, temps institutionnels, temps profession-nels, temps des usagers sont en forte tension. Ce numéro a pour objectif de questionner l’organisa-tion des temporalités sociales, les convergences et discordances, les pratiques et stratégies profession-nelles autour de ces temporalités hétérogènes, les effets du nouvel espace-temps, celui du « jeu du présent », par l’immédiateté infor-mationnelle, les médias et les réseaux.
Il s’agit de voir si une complémentarité est possible ou non entre les temps personnels, les temps sociaux, les temporalités normalisées, de s’interroger sur les évolutions, de considérer d’autres approches anticipant le temps à venir (projets, utopies, espoirs), et de dégager l’essence et la finalité de la temporalité nécessaire à l’action sociale. Vie Sociale veut se donner « le temps de réfléchir » à un autre rapport à la temporalité.
 
La revue du CEDIAS, Vie sociale, est dorénavant disponible sur le portail Cairn, à partir de 2006. La barrière mobile, pour disposer des articles gratuitement, est fixée à 5 années.
À l'heure où la société et sa législation sociale mettent en avant « la parole des usagers », qu'en est-il de « ceux qui ne parlent pas », qui n'ont accès ni à la parole, ni à la communication, voire qui sont fortement limités dans leurs capacités de perception du monde ? Personnes polyhandicapées, sourdes/aveugles, avec traumatismes crâniens graves, avec autisme sévère, en phase avancée de la maladie d'Alzheimer, etc. Si les situations de handicap font partie de la condition humaine, ceux qui ne parlent pas sont-ils toujours considérés comme des êtres humains, avec les mêmes droits que les autres citoyens ? Les recherches en termes de communication adaptée sont éparses, peu organisées d'un point de vue interdisciplinaire et font souvent l'objet, dans l'action sociale et médico-sociale, de « bricolages » certes inventifs et honorables mais peu reconnus et valorisés, parfois sans lien avec les recherches académiques. Pourtant, ce champ de connaissances serait profitable, au-delà de ceux qui ne parlent pas, à tous les membres d'une société qui se posent la question d'une éthique de la discussion.
 
L’enjeu de ce numéro est de situer actions et discours des acteurs du travail social en posant le rapport entre l’individu et son contexte historique. Cette perspective s’appuie sur la conviction que le travail social est un champ où coexistent, se rencontrent, se succèdent, parfois s’affrontent, différentes visions du monde qui, au-delà du débat idéologique, constituent la grammaire sous-jacente de pratiques trop souvent décrites comme de simples tâtonnements empiriques. Il s’agit donc de ne pas s’enfermer dans une lecture hagiographique de l’histoire du travail social pour tenter de penser les mutations, voire les chocs qui la traversent. Penser ou repenser l’histoire du travail social à partir de la notion de paradigme, implique de redéfinir la dynamique même de cette histoire afin d’en comprendre l’évolution actuelle. Si les paradigmes du travail social, nés au siècle dernier, sont en crise et apparaissent comme insuffisants voire impuissants, les indices d’un renouveau émergeront-ils en tranchant radicalement avec ce qu’aura bâti ce premier siècle d’existence des arts en travail social ?
 
Les pratiques artistiques et culturelles dont on constate l’essor au cours des vingt dernières années sont désormais placées au cœur des métiers du travail social. Quelle est la place de l'art dans la société actuelle ? Quel est son impact sur la pensée et la pratique des travailleurs sociaux ? Sont évoqués : les pratiques pour et avec des publics empêchés ; l'impact de la prédominance du visuel favorisé par les médias ; les pratiques dites de « médiation culturelle ». En quoi ces pratiques constituent-elles un chemin d'accès à la culture partagée de manière plus équitable ? La « culture » est inhérente à l'être au monde de tout un chacun et, en cela, elle peut constituer un véritable levier pour un travail social fondé sur des valeurs de partage et de reconnaissance de l'altérité.
 
En France, les services aux personnes en situation de perte d’autonomie et de handicap ont connu, depuis les années 1960, un développement sectoriel. L’absence de structuration générique a engendré des phénomènes de fragmentations et de cloisonnements institutionnels, organisationnels et cliniques, qui ont des conséquences néfastes sur les parcours des personnes. Aussi, depuis une trentaine d’années, les thématiques de la coordination, de l’intégration des services et de la gestion de cas se trouvent au cœur des préoccupations des pouvoirs publics, des professionnels et d’un grand nombre de chercheurs. Divers systèmes d'intégration ont été conçus, expérimentés et évalués. Ce numéro en évoque les enjeux sociétaux, éthiques et économiques, met en exergue les avancées ainsi que les obstacles restant à lever pour qu’une politique publique cohérente et efficiente puisse être mise en œuvre.
 
L'économie sociale et solidaire occupe aujourd’hui une large place dans les médias, les publications et les débats mais elle a une longue histoire dans la société française. Ce constat est à l'origine de ce dossier, composé de six articles.

O. Chaïbi traite des formes de coopération et de mutualisme bancaire du milieu du XIXe siècle à 1914. M. Dreyfus étudie l'histoire du Musée social durant la Grande Guerre et les années 1920. M.G. Merrigi expose l'originalité du mouvement coopératif italien de l'Unité italienne au fascisme. C. Siney présente les multiples réalisations faites par le mouvement mutualiste du milieu, du XIXe siècle à 1945. A. Savoye retrace l'histoire de la section agricole du Musée social, de sa fondation à 1914. Enfin P. Toucas montre combien, depuis un siècle et demi, la solidarité est un marqueur identitaire du mouvement mutualiste en France.
 
On entend généralement par « non-recours » le fait que bon nombre d’ayants droit à différentes prestations d’aide sociale ne font pas valoir leurs droits. Si cette notion est aujourd’hui de plus en plus utilisée dans le discours sociopolitique français et soulignée par différentes recherches récentes en sciences sociales, il est plus difficile d’une part de la quantifier précisément au niveau national et d'autre part de donner une interprétation sociologique cohérente de ses causes. Il est le produit de plusieurs facteurs liés non seulement au bénéficiaire et à son comporte­ment, mais aussi aux organismes chargés de verser la prestation et, enfin, à la façon dont la prestation a été conçue.
Au vu des recherches et études existantes, le phénomène de non- recours tiendrait à « trois grandes causes », qui agiraient de façon combinée :


le manque d’information liée à la prestation ou une mauvaise com­préhension des dispositifs ;

les erreurs de la part des services chargés de contrôler la validité des demandes, les défaillances du traitement administratif des demandes ayant pour conséquence de priver certains ayants droit d'un accès effectif aux prestations ;

les résistances d’ordre psychologique de la part des bénéficiaires potentiels qui peuvent se sentir stigmatisés et éprouver un sentiment de honte à percevoir certaines aides d’assistance ou encore une méfiance devant les « contrôles sociaux ».

Le Département études et recherche de I’IRTS Ile-de-France Montrouge / Neuilly-sur-Marne a organisé, en décembre 2007, une journée d’études sur ce thème, en conviant chercheurs et professionnels à partager leurs réflexions sur les attitudes et motivations de « ceux qui ne demandent rien » : ces usagers potentiels de droits et de dispositifs sociaux doivent-ils être appréhendés comme « hors jeu, résignés ou résistants ? »
Ce numéro de Vie Sociale rassemble les différentes communications qui ont eu lieu au cours de cette journée. Elles permettent d’explorer les différentes facettes du phénomène, en s’appuyant, pour une part d’entre elles, sur l’exemple de la CMU complémentaire, dispositif sur lequel ont été conduites plusieurs recherches.