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Année de la revue: 
2007
Numéro de la revue: 
n° 3 / 2007
Couverture de la revue: 

En amont d’une « parole d’usager », s’élève parfois la voix des « précaires », celle « des sujets dont la position au monde est chaque jour remise en question dans leur capacité à pouvoir vivre – voire survivre – dans un état de tranquillité minimale qui, seule, peut permettre de se mettre à se projeter dans l’avenir. »

Parfois les glissements ou les chutes de ces sujets dans des situations de vie en grande souffrance - dans lesquelles les ressources s’estompent, les liens se défont, les addictions s’accélèrent - s’effectuent dans un silence assourdissant. Parfois des voix s’élèvent mais ne sont entendues par personne ; ou mal comprises. Parfois la voix des précaires est « retraitée » par des institutions sociales qui la traduisent en langage administratif pour en faire une parole d’usager…

Comment passe-t-on de la voix à la parole et par quel langage ? Quelles sont les conditions et qu’est-ce qui se joue dans cette transformation ?

Le sujet abordé dans ce dossier est organisé en deux approches.

La première témoigne de l’émergence de ces paroles hésitantes qui se fraient un chemin dans le vacarme du monde des inclus, s’accrochant ici ou là à un espace d’écoute et de silence, un sujet porte voix, un lieu-parenthèse ; cette première approche nous mène dans un atelier d’écriture des Compagnons de la nuit, dans une rencontre d’Advocacy ou au cœur d’un moment de silence partagé.

La seconde témoigne de stratégies du social pour capter ces voix inaudibles, offrir des instants de quiétude ou de liberté nécessaires à la possibilité d’une expression. Cette approche nous transporte dans un théâtre forum, un restaurant d’insertion ou dans les cuisines de parents d’enfants placés.

Si les voix des précaires, accompagnés dans leurs expériences de vie, aboutissent à la restauration de leurs « capabilités » et à la construction de choix et de modes de vie singuliers, originaux, ceux-ci pourront-ils influer sur nos relations sociales normalisées, nos formes de lien social ? En quoi l’agir créateur fragilisé par la précarité ou les déficiences, peut-il faire émerger des dissonances plurielles dans les manières de vivre ensemble ?

 

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