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Année de la revue: 
2010
Numéro de la revue: 
n° 3 / 2010
Couverture de la revue: 

La notion de tutelle n’est pas une notion simple. Le petit Larousse définit le tuteur comme celui qui est « chargé de surveiller les intérêts d’un mineur non émancipé, ou d’un majeur dont la vie et le développement ont besoin d’être protégés ». Au cœur de cette simple définition, on voit poindre une sorte de contradiction entre la notion de surveillance et la notion de protection. Mais est-ce vraiment une contradiction ? La surveillance et la protection ne peuvent-elles être considérées comme complémentaires se corrigeant l’une par l’autre, expression d’une complexité qui est l’essence même de l’homme et de la vie ?

Cette complexité, nous allons la retrouver tout au long des interventions qui constituent ce dossier dont Vie Sociale a voulu situer quelques éclairages, en croisant les regards des personnes et des services concernés par ce sujet et notamment en fonction des réformes qui sont intervenues ces derniers temps et qui ont commencé à prendre effet dès janvier 2009.

Les parents sont les tuteurs naturels de leurs enfants. Mais que se passe-t-il si certains ne s’en sentent pas capables ou éventuellement s’en désintéressent ? C’est à cette question que s’efforce de répondre la tutelle aux prestations familiales. Dans une première partie, nous discuterons le point de vue des professionnels du social chargés de cette mesure et celui d’un responsable familial. Nous y trouverons également une interrogation inquiète sur l’évolution des législations qui poussent à la répression plutôt qu’à l’éducation des responsabilités.

Une seconde partie est consacrée à la réforme qui concerne plus spécifiquement les majeurs protégés et notamment le mandat de protection future qui est une avancée certaine. Mais l’accompagnement doit être travaillé pour que des décisions autoritaires ne soient pas prises en lieu et place des intéressés, sans qu’ils en comprennent la raison ou le bien-fondé. Cela demande du temps et par conséquent des moyens.

Le terme tuteur est souvent synonyme d’abus de pouvoirs et de spoliation pour celui qui est ainsi mis en dépendance d’un autre. Et pourtant, le même terme appliqué à une plante, constitue une aide à son développement à condition qu’elle soit entourée sans être étouffée.

En publiant divers regards sur cette question, notre revue souhaite apporter sa contribution à une réforme dont on se plait à souligner les aspects positifs, si les actes en suivent les intentions.

 

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