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Année de la revue: 
2003
Numéro de la revue: 
n° 3 /2003
Couverture de la revue: 

La crise de la psychiatrie française - crise de sens et de moyens - et les difficultés à asseoir une politique de santé mentale perdurent, s’enkystent presque dans une incapacité de la société française à capitaliser les avancées réelles des divers acteurs et corps constitués qui se donnent à voir dans les récents rapports et les avancées législatives.

Ces difficultés à appréhender la maladie mentale ou les situations de handicap psychique s’expriment déjà dans une bataille de mots que Marcel Jaeger explicite dans le premier article de ce numéro.

Cependant, si la distinction entre maladie et handicap reste un sujet épineux, il existe désormais de nombreux exemples où les différents groupes d’acteurs (associations d'usagers, professionnels, administrations, élus…) ont réussi à s’entendre sur la manière d’approcher les situations des personnes en souffrance psychique, prenant en compte les caractéristiques particulières des maladies et les aptitudes des personnes en fonction des contextes et des environnements dans lesquels elles s’exercent.

Nous prendrons dans ce numéro l’exemple d’une étude commanditée par l’Agence régionale d’hospitalisation d’Île-de-France concernant les patients séjournant au long cours dans les services de psychiatrie franciliens. L’intérêt de cette étude est d’abord d’ordre pédagogique ; en effet, son comité de pilotage, qui regroupait les principaux groupes d’acteurs évoqués précédemment, a validé une approche concertée des situations des personnes qui pourra permettre, à partir des résultats de l’étude, d’envisager des collaborations qui dépassent les clivages traditionnels entre secteurs d’intervention, voire entre administrations. Cette étude est introduite par un article de Guy Baillon qui met en perspective l’histoire croisée des deux champs sanitaire et médico-social.

Puis le texte de Philippe Gabbaï décrit la clinique des pathologies autistiques et permet de prendre ainsi la mesure de ce que recouvre concrètement la notion « d’usure » ou « d’épuisement » pour ceux qui sont au plus près des personnes en souffrance psychique.

Enfin nous publions le manifeste à l’origine du colloque de 2000 « Pour une politique citoyenne en santé mentale » qui met en exergue les difficultés de ce champ d’intervention et suggère de nouvelles pistes pour sortir de l’ornière psychiatrique.