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Année de la revue: 
2002
Numéro de la revue: 
n° 3 /2002
Couverture de la revue: 

Les modalités de la protection de l’enfance mais aussi, de manière plus générale, les modalités de la protection des personnes en difficulté, viennent de connaître, en quelques mois, une forte remise en cause. Un nouvel ordre protecteur paraît s’installer, beaucoup plus pesant que l’ancien. L’équilibre entre la juste répression résiduelle et la nécessaire prévention éducative - spécialement lorsqu’il s’agit de mineurs - semble s’infléchir dans le sens le plus sécuritaire.

Pour autant, peut-on dire qu’aujourd’hui, en France, les principes fondateurs de la solidarité publique en sont affectés ? Que les professionnels de la protection, eux aussi mis en cause, sont condamnés à s’adapter à la nouvelle donne ou à disparaître ? Tout ce numéro de la revue Vie sociale voudrait conduire à l’inverse.

Les propos s’organisent en trois séquences. La première séquence Intitulée « Dire la protection entre droits de l'homme et ordre public » rassemble des contributions qui situent la protection dans les enjeux généraux du droit (Jean-Michel Bélorgey, conseiller d’État : « Protection des mineurs ou protection contre les mineurs »), des pratiques judiciaires (Laurent Mucchielli, chargé de recherche au CNRS : « L’évolution de la délinquance juvénile entre fantasmes et réalités : essai de bilan critique ») et des philosophies de l’action publique (Victor Girard, psychiatre : « Refondation de la notion de protection » ; Françoise Lavenac, maître de conférences : « Les paradoxes d’une politique de soutien à la parentalité »).

La seconde séquence intitulée « Mettre en œuvre la protection : antagonismes et paradoxes » donne la parole à des intervenants. Élisabeth Chauvet, juge des enfants : « La protection des mineurs en zone de turbulence » ; Didier Lauru, psychanalyste : « La téléphonie clinique » ; Michèle Becquemin, éducatrice, maître de conférences : « Parentalité, droits des usagers, droit de l’enfance, quels enjeux pour l’AEMO ? » ; Xavier Lerolle, directeur de l’association Accueil-Convention : « Constat et réponses dans le monde des jeunes de banlieue » ; Serge Heuze, secrétaire général de l’Association des instituts de rééducation (AIRe) et Yves Matho, vice-président : « Penser la prévention contre les risques de dérive des politiques sécuritaires ».

En contrepoint, la dernière séquence intitulée «L’institution imaginaire de la protection », permet à Martine Fourré, psychanalyste, de nous proposer une réflexion sur « Protection : assistance et aliénation ».