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Année de la revue: 
2004
Numéro de la revue: 
n° 3 / 2004
Couverture de la revue: 

L’image qui pèse sur le jeune d’aujourd’hui est une image contrastée. D’une part, tout un chacun exalte sa liberté d’allure, son détachement des formes et des formalités qui conditionnent les rapports sociaux, faisant de lui un être indépendant et libre, mais d’autre part cet individualisme est redouté ; les formes qu’il est susceptible de prendre peuvent apparaître Inquiétantes, quand elles ne sont pas taxées de sans-gêne ou d’irrespect. Sous ce regard civique, les jeunes renforcent leur attitude réactionnelle et deviennent souvent prisonniers de l’image que leur renvoient complaisamment ceux qu’on appelle les « médias », que ce soit sous forme de jeux, de séries filmées ou de publicités diverses.

C’est de cela que nous voulons parler, dans ce numéro de revue. Libérer les adolescents de l’image qu’ils portent en eux, du regard que nous portons sur eux, pour leur ouvrir le monde et leur permettre d’en profiter sans crainte de s’y dissoudre. Essayer de garder ouverts les chemins de la découverte, en ne refusant pas leurs moyens d’expression, sans jamais pour autant tomber dans la flagornerie.

Nous avons retenu trois axes de réflexion : les discours autour des images de la vie des jeunes ou leurs formes d’expression analysées ici par des observateurs/chercheurs qui tentent de rompre avec les stéréotypes ; les repères des jeunes et leur rapport au temps qui s’expriment en fonction de ce que les adultes égrènent ou sèment pour leur progéniture ; la place des jeunes dans la cité, leur rôle en tant que citoyens interrogés à travers certains aspects conflictuels de leur socialisation.

Les adolescents d’aujourd’hui ne sont ni meilleurs, ni pires que ceux d’un autre temps, mais les contextes ont changé. Si l’aspiration à l’indépendance est toujours présente, elle peut prendre des formes insolites, voire même des impatiences qui nous irriteraient si nous ne savions que toute adolescence est promesse d’avenir.