Logo Cedias Centre d'études, de documentation, d'information et d'action sociales
Année de la revue: 
2012
Numéro de la revue: 
n° 3 / 2012
Couverture de la revue: 

Le trentième anniversaire du texte, désigné communément comme l’« Adresse de Nicole Questiaux aux travailleurs sociaux », mérite assurément qu’on relise (ou lise pour les plus jeunes) ce document qui a fait date dans l’histoire du travail social en France, mais fut largement oublié, voire est passé inaperçu en dehors de ce milieu.

Il s’agissait en réalité d’un programme à moyen et long terme : les indications de calendrier qu’il contient, trop ambitieuses à l’évidence, n’ont jamais été respectées. Par contre, sur le fond, et en dépit des aléas politiques, cette « feuille de route » a largement inspiré la politique de l’État dans le domaine du travail social.

Au trentième anniversaire de sa parution, et alors que notre pays n’est jamais sorti d’une crise sociale majeure qui était déjà clairement perçue en 1981-1982, il a paru important de demander de le relire – ou de le lire – à de grands témoins qui ont eu la charge de son élaboration, à des responsables et des acteurs des politiques d’action sociale conduites ces trente dernières années, à des groupes d’étudiants qui se préparent à entrer dans les métiers du travail social.

Le résultat de cette lecture à plusieurs voix fait apparaître une réelle convergence d’appréciations ; il donne surtout à croire qu’en trente
ans l’essentiel n’a pas changé : permanence des problématiques, permanence des approches, permanence des difficultés et des échecs, il faut bien le dire.

Le lecteur qui découvre ou redécouvre ce texte ne peut manquer d’être frappé par son actualité et sa modernité, avec des accents prémonitoires, annonciateurs des risques de dérive de notre société lorsqu’il prédit « le temps des marginaux ».

La méthode qui fut celle de l’Adresse peut-elle à nouveau servir, à un moment où un signe politique des nouveaux gouvernants au monde de l’action sociale, confronté à la montée des injonctions paradoxales, ne serait peut-être pas inutile, et où beaucoup de nos concitoyens ressentent, au moins confusément, le besoin de « faire société » ?

 

Consulter sur Cairn