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Année de la revue: 
2000
Numéro de la revue: 
n° 2 / 2000
Couverture de la revue: 

Ce numéro est issu de deux volontés : l'une qui a été de fêter le dixième anniversaire du Réseau histoire du travail social par une ouverture sur l'Europe ; l’autre qui est de faire régulièrement une investigation du travail social européen.

Il a paru nécessaire de repartir de la conférence internationale de service social de 1928 qui donne une information sans précédent sur l’état de la formation sociale dans le monde à cette date et montre que les débats de l’époque sont loin d’être terminés (Brigitte Bouquet). Suivent deux articles sur l’histoire de la formation du travail social en Italie (Geneviève Dell’Acqua) et en Grande-Bretagne (Geoffroy Pearson) qui présentent l’intérêt de partir des origines pour arriver jusqu’à nos jours, permettant ainsi d’avoir une vision globale de l'évolution. Concernant la Belgique, l’histoire de la formation au travail social est essentiellement vue pour la période de l’entre-deux-guerres (Guy Zelis). Pour l’Allemagne, l’article de Christine Labonté-Roset ne retrace pas l’histoire des formations au travail social, mais la biographie d’Alice Salomon, personnage injustement oublié - voire méconnu - alors qu’elle a été une des chevilles ouvrières du travail social dans son pays et que son influence a été internationale. Enfin, Il ne fallait pas oublier le cas français, non en recommençant une synthèse de l’histoire du travail social, faite par ailleurs, mais en analysant les incidences de l’histoire des formations sur le travail social actuel (Henri Pascal).

Ce numéro est intéressant à plus d’un titre. Il montre que, malgré la différence des conditions objectives, politiques, financières et institutionnelles, le travail social s’est inscrit dans les politiques d’assistance, de protection de l’enfance, de l’action familiale, de l’hygiène publique et des assurances sociales naissantes. Puis le travail social s’est progressivement professionnalisé, défendant des valeurs d’engagement, des valeurs de rupture avec la charité et des valeurs d’organisation des services et de la profession. C’est pourquoi, la formation au travail social a été conçue, dès le départ, comme devant être autonome et « scientifique », même si, sur ce dernier point, outre les différences notables entre les pays, la réalité en paraît assez éloignée, à l’époque comme de nos jours. Reste qu’il y a une originalité de la formation (notamment l’alternance) et qu’en France, sous réserve d’une volonté professionnelle et politique affirmée, rien n’empêche que les savoirs professionnels soient reconnus et prennent même un statut universitaire, à l’instar d’autres pays.