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Année de la revue: 
2002
Numéro de la revue: 
n° 4 / 2002
Couverture de la revue: 

Aujourd’hui, la société s’intéresse au moins autant aux individus qui utilisent des services qu’à ceux qui les produisent. Que signifie donc cette irruption, dans le discours contemporain, de cette notion d’« usager » qui renvoie à celle d’utilisateur « ayant-droit » des services publics ?

Dans le champ politique, la « place » accordée à l’usager dénote une ambition politique de participation citoyenne des administrés-usagers aux affaires publiques. Dans le champ sociétal, la « parole » accordée à l’usager interroge les représentations sociales, les modes de communication, les codes et les manières d’échanger au quotidien, notamment envers ceux qui ne possèdent aucune maîtrise dans le champ de l’échange social.

Chacun d’entre nous est usager des services publics. Mais les places des uns et des autres, tous usagers, ne deviennent pas pour autant interchangeables. Car certains participent aussi de la production de ces services par une profession, par un mandat électif ou par choix militant. Or, ces différentes identités successives ou simultanées ne se dissolvent pas dans une entité commune. Chacun garde son rôle et sa fonction même si les frontières ne sont pas totalement imperméables. Il s’agit donc de repérer les conditions de possibilité d’un croisement des savoirs entre professionnels, entourage et usagers des services publics.

En tout état de cause, le nouveau cadre législatif - et notamment la loi du 2 janvier 2002 qui prend en compte cette dualité citoyen/usager - réinterroge le mode de relation entre les professionnels de l’action sociale et les usagers des services sociaux du triple point de vue de l’accès aux droits, de l’accompagnement vers l’autonomie sociale et de l’exercice de la citoyenneté.