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Action sociale

Jean-Yves GUEGUEN (coord.). L’année de l’action sociale 2010. Social et médico-social : une spécificité en danger ? Dunod (5, rue Laromiguière - 75005 Paris), 2010, 180 p.

Comme chaque année, Jean-Yves Gueguen nous livre ses réflexions à l’aube de l’année 2010 et son titre sous forme d’interrogations met bien en évidence les inquiétudes actuelles du secteur. Comme l’écrit Jean-Yves Gueguen dans son introduction, « il ne s’agit pas, ici, de rejeter en bloc les évolutions du secteur. Certaines se révèlent nécessaires, voire indispensables, d’autres sont plus contestables, qui pourraient, à l’avenir, brider les capacités d’imagination et d’innovation d’un secteur qui n’en a jamais manqué. Qui peut contester le bien-fondé d’une reconfiguration des services déconcentrés de l’État, devenus exsangues au fil des années ? En revanche, le recours quasi-systématique à la technique des appels à projets pour autoriser les établissements et services – qui accompagne la disparition des comités régionaux de l’organisation sociale et médico-sociale (CROSMS ) – pose question. Nombre d’organisations représentant les associations voient, dans cette nouvelle procédure de délivrance des autorisations, une inversion de la logique ascendante qui a fondé l’histoire de l’action sociale. » (p. IV)

À tout seigneur, tout honneur, il revient à Fabrice Heyriès, directeur général de la cohésion sociale, de nous présenter l’originalité de cette nouvelle direction qui regroupe nombre de directions qui défendaient chacune à leur part, des politiques de progrès, mais dont le cloisonnement était souvent critique, comme facteur de frein dans l’évolution de ces politiques : désormais famille, enfance, jeunesse, personnes âgées, personnes handicapées, égalité entre hommes et fem­mes… tout se trouve regroupé sous la houlette de la cohésion. Voir à ce sujet l’organigramme de la page 9.

Mais cohésion veut-elle dire cohérence ? Oui, affirment Arnaud Vinsonneau qui montre de quelle façon la loi HPST introduit une régulation nécessaire ; Jean Pierre Hardy qui plaide pour une convergence tarifaire, tout en regrettant qu’on ne soit pas allé assez loin dans l’étude des référentiels nationaux des coûts ; Didier Charlanne qui attend de l’évaluation externe des informations précises sur les principaux champs permettant de percevoir le respect des critères d’habilitation et la dynamique de l’amélioration de la qualité.

Mais cet optimisme n’est pas partagé, loin s’en faut par un certain nombre d’autres intervenants. Dominique Balmary (Uniopss) s’inquiète de la dimension concurrentielle voire compétitive qui va peser sur les services et risque de bouleverser les équilibres. Avec Hubert Allier, il pré­férerait qu’on aille vers la « concourrence » plutôt que vers la concurrence. Jean-Luc Durnez, directeur du Syneas (Syndicat d’employeurs regroupant Snasea et Sop), s’il voit certaines opportunités, se préoccupe des moyens et particulièrement de l’utili­sation des ressources humaines. François Chobeaux (MP4 : mouvement pour une parole politique des pros) fait remonter les craintes de ces professionnels qui voudraient dire leur mot mais ne sont pas sûrs d’être entendus, tandis que Françoise Léglise, présidente de l’Association nationale des assistants de service social (Anas), constate une évolution du métier des assistantes sociales sans doute nécessaire, mais dont on peut douter qu’elle aille vraiment dans le bon sens. Michel Franza (directeur de l’Union nationale des associations de sauvegarde de l’enfance de l’adolescence et des adultes – Unasea) parle du rapport Varenas sur l’enfance délinquante comme d’une occasion manquée, malgré les bonnes intentions du départ. Gérard Zribi, président de l’Association nationale des directeurs et cadres des Esat (Andicar) met en évidence le décalage entre les textes et la réalité : trop de textes limitant l’initiative.

L’urgence est moins dans les réformes de structures que dans les moyens donnés pour honorer les attendus des textes : Jean Marie Barbier, président de l’Association des paralysée de France) et Patrice Tripoteau, directeur des actions nationales de la même association, plaident pour un véritable revenu d’existence avec ce slogan connu « Ni pauvre, ni soumis » et Thierry Nouvel, directeur de l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) se demande si l’on a suffisamment conscience de l’avancée en âge, du vieillissement des personnes handicapées mentales, et si la politique de continuité que prône leur union va pouvoir vraiment se réaliser.

Voilà bien des interrogations ! Les solutions se trouvent, elles, dans une manière nouvelle de se représenter le travail : deux contributions semblent porter un espoir. Celle de Marc
Revault, président de l’Association nationale des cadres de l’action sociale des départements (ANCASD), qui développe les caractéristiques d’un travail social généraliste adonc plus coordonné et moins cloisonné ; celle de Daniel Guaquere et François Noble de l’Andesi (Association nationale des cadres du social) qui s’efforcent de reconfigurer la fonction de direction pour de bonnes pratiques « managériales ». Et même si on a des interrogations sur le management, on ne peut pas être indifférent à leurs propositions.

Ce sont donc les professionnels (cadres et non cadres) qui permettraient de faire face au danger ! Acceptons-en l’augure et donnons pour terminer la parole à Pierre Gaultier, directeur de l’ARH en Midi-Pyrénées, ancien directeur de la DGAS, cité par ces derniers auteurs dans la préface qu’il a       commis dans le livre Être directeur en action sociale aujourd’hui, sous la direction de D. Guaquere et d’H. Cornière (Ed. ESF, 2005) : « Les pratiques professionnelles doivent évoluer ou plus exactement continuer à évoluer du fait moins des évolutions réglementaires que de ce qu’il y a derrière ces évolutions réglementaires ; aucune pratique n’est à l’abri d’une approche critique.

Il doit y avoir un trait d’union entre les pratiques et le cadre politique et normatif dans lequel elles s’inscrivent ; être ce trait d’union entre deux cultures, entre deux langages, celui du terrain et celui de la commande sociale, est encore une des composantes, une des plus anciennes, de la fonction de direction.

Les institutions évoluent, ne cessent d’évoluer : entre l’évolution subie et le changement conduit et construit, la différence est grande.

Or, c’est bien là l’enjeu de la fonction de direction : aucune réglementation n’empêchera un directeur de conduire le changement dans son institution : tel est bien, au contraire, le cœur de sa fonction. »

Jacques Ladsous

Éducation

Philippe GABERAN. Être adulte éducateur c’est… La place de l’adulte dans le monde postmoderne, Erès (11, rue des Alouettes, 31520 Ramonville-Saint-Agne), 2010, 200 p.

Après Cent mots pour être éducateur, voici donc ce petit livre qui se lit facilement et qui propose trente propositions pour aider l’adulte à reprendre sa place d’adulte. Si l’expression « post-moderne » vous intrigue, rendez-vous tout de suite à la p. 200 ; vous y lirez que la post-modernité se caractérise par la disparition des frontières et des races. Le mélange des nations et des continents, la prédominance de la notion de mondialisation avec ses côtés positifs (reportez-vous à Terre-patrie, d’Edgar Morin) et ses cotés négatifs : une perte d’identité qui fait de l’homme un être bourré d’hésitations et qui essaie de vivre sinon sans repères, au moins avec des repères mouvants qui le mettent en insécurité. En manque d’adulte, l’enfant, l’adolescent sont eux-mêmes menacés dans leur sécurité et il en résulte des comportements qui nous dérangent parce qu’ils sont hors normes. Mais qu’est-ce que la norme sinon une série de manières d’être et de paraître, une sorte de compromis qui nous permet de vivre ensemble, mais dont la transmission finirait par faire obstacle au désir de grandir, présent au cœur de chaque être humain. Ce désir de grandir, on le trouve comme une dynamique qui traverse l’ouvrage. Et les propositions qui nous sont faites introduisent une démarche que facilitera ce désir, sans tomber dans le désordre et l’anarchie qui sont abandons de notre statut d’adulte.

Alors regardons-les bien en face ces propositions car elles sont autant de repères réels dans notre responsabilité d’adulte. J’ai retenu personnellement celles qui me sont apparues les plus pertinentes : infléchir les limites, savoir désobéir, ouvrir les possibles, prendre des risques, s’accorder le droit à l’échouage, rêver le monde, accepter la complexité, stimuler la curiosité, agir les droits de l’homme, se connaître soi, préférer l’être au paraître, accepter le corps à corps, accueillir la parole. C’est déjà tout un programme qui laisse percevoir le cadre de l’action sans jamais l’enfermer dans des frontières trop précises. J’aime notamment beaucoup l’idée d’échouage qu’il utilise de préférence à la notion d’échec, car l’échec suppose une cassure, une souffrance, alors que l’échouage est ce moment de répit que l’on prend avant de repartir pour essayer de comprendre ce qui n’a pas marché sur notre route.

Dans toutes ces propositions, Philippe Gaberon se montre positif et nous engage à positiver nos actes. Notre statut d’adulte, face à la « marche de grandir » nous oblige à l’affrontement, un affrontement à dépasser pour que chacun évolue dans ses positions. L’adulte n’est donc pas une « chiffe-molle », cet édredon dont me parlaient quelques adolescents en évoquant certains éducateurs pour qui tout semblait permis et naturel.

« L’adulte éducateur est celui qui, passant outre les effets de surface, suspecte toujours du meilleur à être chez l’enfant et culbute les apparences figées par une signalétique, un pronostic ou bien un diagnostic. Il est celui qui croit au possible et pour qui la seule certitude est justement que ce possible est incertain et inattendu. La relation éducative s’étiole ou se meurt lorsqu’elle est comprise dans une programmation qui ne laisse plus aucune place à l’imprévu ou lorsque les évaluations des projets réalisés ne sont que la mesure de ce qui était attendu dès les commencements. » (p. 41).

C’est que nous avons besoin de nous laisser surprendre si nous voulons que chacun de ceux que nous accompagnons trouve sa propre voie.

Mais qui sont ces adultes dont parle Philippe Gaberan, et dont la tâche principale est d’éduquer ? Le père, le professeur, l’éducateur spécialisé : trois figures emblématiques d’autorité, de sécurité et de transmission. C’est là que je trouve une faiblesse dans la volonté de transmettre de Philippe Gaberan. Son univers est trop masculin : dans les compositions et recompositions de la famille d’aujourd’hui, le père est parfois absent. Est-ce à dire que ce soit un manque ? Pas forcément, si ce rôle est repris par l’un des parents et s’il existe, comme je l’ai écrit dans Bizarres ou mal traités ? (Publications du CTNERHI, n° 3, 1982), des mères « chiantes » ; il en existe aussi qui, sans se forcer, savent allier la protection maternelle avec cette solidité d’adulte, qui ouvre le champ des possibles sans pour autant le laisser déborder. Et après tout, le monde enseignant comme le monde éducatif n’est-il pas aujourd’hui envahi par les femmes qui doivent bien apprendre à assumer cette complexité, si elles veulent résister au laxisme, sans laisser se répandre l’inquiétude.

Pour reprendre ce que dit Philippe Gaberan de l’adulte éducateur, « c’est le compagnon incontournable de l’humanité engagée dès l’origine sur le chemin de son émancipation. Travailler sournoisement à la fin de l’adulte éducateur, c’est vouloir la mort du principe de liberté qui est au point de départ de tout choix et donc de toute autonomie. » (p. 199).

J. L.

Handicap

Charles GARDOU (dir.). Professionnels auprès des personnes handicapées, Erès (11, rue des Alouettes, 31520 Ramonville-Saint-Agne), 2010, 204 p.

Comme il est rafraichissant de lire cet ouvrage, au moment où l’Admi­nistration, dans son souci de bien faire, multiplie les portraits-robots qu’on appelle « référentiels » et qui ne sont que des squelettes desséchés, faux modèles qui font souffrir et culpabilisent les « désirant » professionnels, tant il est vrai que, dans un tel inventaire de tâches, il y a toujours quelque chose qu’on fait mal et qu’on ne fait pas.

Si quelqu’un vous dit que le travail auprès des personnes handicapées l’attire et l’intéresse, donnez-lui à lire cet ouvrage. Tous ceux qui y écrivent, qu’ils soient éducateurs, médecins, psychologues, chercheurs, vous racontent des histoires à dormir debout, passionnantes à vivre et à comprendre, et qui donnent des situations auxquelles ces professionnels sont confrontés une image qui engage à aller plus loin.

C’était d’ailleurs l’intention de Charles Gardou – professeur à l’Uni­versité Lumière-Lyon2, fondateur du Collectif Reliance sur les situations de handicap, l’éducation et les sociétés – que de nous faire découvrir de l’intérieur les interrogations, les doutes et les joies des intervenants éducatifs et sociaux. Non pas que le savoir acquis soit méprisable, mais parce que le savoir « vécu » nous interpelle différemment.

« Aussi, sans nier ce qui les distingue, les interventions des professionnels gagnent-elles à être conçues et mises en œuvre en étroite complémentarité. Elles se déploient en effet semblablement autour de trois axes. Celui de la matière d’abord, en ce qu’elles requièrent, à des degrés divers, des savoirs, des habiletés, des méthodes et des techniques spécifiques appliquées à l’humain. Celui de la manière ensuite, en ce qu’elles engagent puissamment, dans l’exercice professionnel, une personne avec son identité, ses ressources, ses carences, ses intuitions, sa capacité d’exposition à l’autre et sa perméabilité au désarroi des plus déshérités. Enfin l’axe du sens, en ce qu’elles renvoient à des convictions, à des référents philosophiques, à des valeurs, à un projet sur l’Homme. » (p. 19)

Et ce savoir « vécu » parle à chacun et démontre que si le tâtonnement reste l’apanage de tout professionnel qui se respecte, il n’est ni bricolage, ni mise en œuvre de principes immuables, il est recherche, proximité de l’autre sans tomber dans le          , désir de soutenir tout en prenant conscience de certaines de nos impuissances et de notre propre vulnérabilité.

Alors comment vous présenter cet ouvrage où chacun se raconte, raconte les autres, laissant poindre ici ou là quelques éclairages fugitifs, laissant surtout apparaître la recherche de la découverte, du partage et de l’échange ? Il faut aussi comprendre que ce travail (car c’en est un) ne peut être modélisé. Il dépend de chacun d’entre nous, il dépend de chacun de ceux avec lesquels il est conduit. Et c’est une explosion de scènes toutes plus vivantes les unes que les autres, qui donnent à penser, qui donnent à comprendre, qui donnent à imaginer et à créer.

« Les professionnels auprès des personnes handicapées se situent, de manière inexorable, «entre l’agir et le rêve, entre la technique et l’écoute, entre l’urgence et l’attente, entre le geste qui sauve et la parole qui console et symbolise, entre la mobilité et les schémas indissociables de l’efficacité". Entre ce qui est savoir scientifique et ce qui est compréhension empathique de l’autre. Entre préceptes de leur art professionnel et devoirs de leur cœur. Leur fonction même les appelle, selon les mots de Jung, à " la prise en compte de la totalité de la personne, dont on parle sans cesse avec tant de faconde, à propos de laquelle on théorise à l’infini, mais au large de laquelle, dans la réalité de la vie, nous passons en empruntant le plus ample des arcs de cercle". Aucune science dite dure, ni aucune philosophie, ni aucune psychologie ne peuvent cerner le tout de l’homme. »

[…°]

« Encore faut-il savoir décoder ce qui est dit, percevoir les craintes et les espérances en arrière-plan, déceler ce que l’autre essaie de signifier ou ce qui est caché derrière un accès d’angoisse ou de violence, ce qui déforme le langage et les mots. Sans la capacité de sollicitude, qu’Erickson appelle générativité, toute relation d’aide demeure stérile. » (p. 197-198).

Et c’est sur cette conclusion de l’auteur que je termine cette présentation, vous laissant découvrir ce voyage, cette « odyssée », comme la nomme C. Gardou sur les pas des professionnels qui ont bien voulu y prêter leur plume.

J.M.

Histoire

Corinne BELIARD. L’émancipation des femmes à l’épreuve de la philanthropie, L’Harmattan (5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris), 2009, 256 p.

La sortie des femmes de leur foyer dans le but de participer aux activités philanthropiques représente à première vue une avancée pour le sexe féminin. Pour autant, Corinne Belliard se demande si la pratique philanthropique a vraiment eu un pouvoir émancipateur, si elle a été l’occasion d’une avancée sans équivoque vers la libération des femmes. Pour y répondre, son ouvrage, divisé en deux parties, présente rapidement le contexte historique dans lequel émerge la philanthropie et procède
à l’analyse de la philanthropie, en s’appuyant sur l’étude d’un grand volume d’archives et en comparant deux associations importantes en Angleterre et en France, la Charity Organisation Society (COS), créée en 1870 et l’Office central des œuvres de bienfaisance (Ocob), fondé en 1890. La comparaison de ces deux modèles offre d’une part, la connaissance du rôle et de l’influence politique et sociale des associations philanthropiques, d’autre part, l’interrogation sur l’action des femmes charitables situées dans la hiérarchie des sexes.

L’étude de la COS montre que des femmes ont gagné en influence, comme en témoignent leurs responsabilités, leurs interventions et leurs travaux. Cependant, leurs actions étaient toujours mesurées à l’aune des vertus masculines qu’elles avaient su s’approprier. L’étude de l’OCOB révèle que, leur recrutement étant polarisé sur la haute aristocratie, la philanthropie est restée un passe-temps mondain qui n’a guère eu d’effets sur leur développement social et culturel. Elles n’y auraient gagné qu’un pouvoir assez fictif que montrent les activités auxquelles elles étaient cantonnées : propagande et ventes de charité.

Enfin, l’auteure évoque rapidement la guerre de 1914-1918 qui a fait découvrir d’autres qualités des femmes, notamment leur courage à travers les conduites héroïques de certaines d’entre elles ; malgré cela, l’après-guerre ne conférera pas aux femmes une gloire équivalente à celle de la gent masculine. Les femmes, même dotées de nouvelles vertus, ne figuraient toujours pas parmi les personnes de plein droit.

Ainsi, pour Corinne Belliard, il est, dans l’histoire, deux épisodes qui auraient pu faire croire à une avancée vers la libération des femmes, mais qui se sont révélés être des freins. Quelles que soient les appréciations portées sur ces femmes, elles n’ont pas été accompagnées de changements dans leurs droits, car sur le plan légal, la hiérarchie des sexes est demeurée en l’état. Leurs « qualités spéciales » ont contribué à tracer les contours d’une autre discrimination, elles les ont placées en position d’altérité, voire d’exclusion. Les femmes sont restées l’instrument de l’idéologie paternaliste dont elles ne sont pas parvenues à se départir.

Pour juger de ces entraves, l’au­teure montre que celles qui ont agi en dehors des associations philanthropiques (Florence Nightingale, Julie-Victoire Daubié, Léonie Chaptal…) n’avaient pas initialement pour but de résoudre les problèmes qui se posent à leur classe, mais celui de mobiliser la société contre des injustices et elles se sont construit une authentique personnalité féminine.

Corinne Belliard en conclut que les femmes ne peuvent accéder à une véritable émancipation qu’à partir de la conquête de leurs droits et non par leurs « qualités spéciales », qui restent plus aliénantes que libératrices. Pour elle, la philanthropie, loin de concourir à l’émancipation des femmes, a été un outil pour mieux encore valoriser leur rôle limité et leur infériorité.

Cet ouvrage offre des pistes intéressantes et il serait souhaitable d’avoir une étude plus qualitative des activités sociales quotidiennes de ces femmes philanthropes.

Brigitte Bouquet

Livres reçus

Béatrice AIMÉ, Michel BAQUEDANO, Blandine PONET, Marie-Claude POUJOULET, Denis TURREL (dir.). Les aides médico-psychologiques : prendre soin au quotidien, Erès (11, rue des Alouettes, 31250 Ramonville-Saint-Agne), 2009, 174 p. (Collection « EMPAN »).

Jean-Pierre BLAEVOET, Philippe CROGNIER. Prévenir la maltraitance en institution, Dunod (5, rue Laromiguière, 75005 Paris), 2009, VI-243 p. (Enfances)

Marcelle BONGRAIN. Les sept péchés capitaux envers nos enfants. Regard critique sur la protection juridique de l’enfance, Erès (11, rue des Alouettes, 31250 Ramonville-Saint-Agne), 2009, 124 p. (La Maison des droits des enfants et des jeunes)

Nathalie DURIEZ. Changer en famille. Les modérateurs et les médiateurs du changement en thérapie familiale, Erès (11, rue des Alouettes, 31250 Ramonville-Saint-Agne), 2009, 270 p. (Relations)

Pascal LE REST. Les nouveaux enjeux de l’action sociale en milieu ouvert. Réalités, défis et perspectives d’avenir pour les acteurs, Erès (11, rue des Alouettes, 31250 Ramonville-Saint-Agne), 2009, 338 p. (Trames)

Jean-Louis MAHÉ, L’ombre des origines. A la rencontre d’anciens de l’Aide sociale à l’enfance, préf. de Maurice Berger, Albin Michel (22 rue Huyghens, 75680 Paris cedex 14), 2009, 296 p.

Dominique MAUTUIT, De la prise en charge à la personne prise en considération. Travail social et travail d’équipe, Chronique sociale (7, rue du Plat, 69288 Lyon cedex 02), 2009, 185 p. (Comprendre la société)

Christophe PERNET, Dominique SAVARD. Travailleurs handicapés en milieu ordinaire. Des outils pour mieux les accompagner, Erès (11, rue des Alouettes, 31250 Ramonville-Saint-Agne), 2009, 276 p. (Trames)

Eric PLAISANCE. Autrement capables. École, emploi, société : pour l’inclusion des personnes handicapées, Ed. Autrement (77, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75011 Paris), 2009, 207 p. (Mutations)

Henri-Jacques STIKER. Les métamorphoses du handicap de 1970 à nos jours. Soi-même avec les autres, Presses universitaires de Grenoble
(BP 47, 38040 Grenoble Cedex), 2009, 262 p. (Handicap, vieillissement, société) Geneviève VALLA-CHEVALLEY. Le conseiller conjugal et familial. Repères historiques, institutionnels et cliniques, Erès (11, rue des Alouettes, 31250 Ramonville Saint-Agne), 2009, 163 p. (Trames)

Rééditions

Christian ALLARD. Pour réussir le placement familial, 2e éd., ESF (2, rue Maurice-Hartmann, BP 62, 92133 Issy-les Moulineaux), 2009, 237 p. (Actions sociales. Société)

Brigitte BOUQUET, Christine GARCETTE. Assistante sociale aujourd’hui, 4e éd. rev. Et augm., Ma

loine (27, rue de l’École-de-Médecine, 75006 Paris), 2009, XIV-187 p.

Chantal LE BOUFFANT, Faïza GUELAMINE. Guide de l’assistante sociale. Institutions, pratiques professionnelles, statuts et formation, 3e éd. rev. et corr., Dunod (5, rue Laromiguière, 75005 Paris), 2009, VII-466 p. (Guides d’action sociale)

Marcel JAEGER, Guide du secteur social et médico-social. Professions, institutions, concepts, 7e éd., Dunod (5, rue Laromiguière, 75005 Paris), 2009, XI-323 p. (Guides d’action sociale)

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