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Auteur(s): 
Jean-Yves Barreyre

Depuis le début des années 2000, l’action sociale et médico-sociale repose sur l’évaluation des besoins des populations vulnérables, et le projet personnalisé pour chacun des bénéficiaires repose sur le projet et les choix de vie des personnes.

Les besoins et le projet des personnes se comprennent dans des environnements, dans des territoires de vie qui disposent (ou pas) de ressources en matière de services, d’emplois, de logements, de vie sociale, et qui peuvent être facilitateurs ou obstacles à la réalisation des objectifs d’un projet de vie et/ou d’un projet personnalisé.

Cette nouvelle perspective, réglementaire, de l’action sociale et médico-sociale (d’aucuns dirait ce nouveau parangon), interroge en profondeur les structures sociales et médico-sociales, du point de vue :

  • de leur place comme « ressource » parmi d’autres sur le territoire, dans le cadre des plans et des schémas d’organisation sociale et médico-sociale ;
  • de leur projet d’établissement ou de service ;
  • de leur(s) mode(s) d’analyse des situations et d’élaboration des projets personnalisés des personnes qu’elles accueillent.

Comment appréhender chaque situation de manière singulière en offrant un cadre et un projet d’ensemble cohérent et proactif ; comment, pour répondre à la multiplicité des besoins d’une personne, se situer comme une « ressource du territoire », articulée avec d’autres ressources nécessaires et insuffisantes prises séparément ?

Les mémoires de formation supérieure (DEIS et Cafdes) ont abordé ces questions à partir de différentes entrées, dans différents champs d’intervention sociale ou médico-sociale. C’est à partir de leurs travaux que nous avons conçu le colloque de Rennes, cinquième journée de valorisation des mémoires de DSTS (DEIS) et Cafdes.

Cette journée interrégionale, sous l’égide de la Direction générale de l’action sociale et de l’École des hautes études en santé publique, a été organisée par le Cedias, en collaboration avec l’IRTS de Bretagne, l’IUP MSS de l’Université de Caen, l’ARIFTS-IFRAMES de Nantes et l’Université de Nantes, avec le soutien des CREAIs de Bretagne, des Pays-de-Loire et de Basse-Normandie.

Jean-Yves Barreyre brosse tout d’abord « les implicites d’une révolution douce » qui a amené dans les années 2000 un bouleversement législatif dans les domaines sanitaire, social et médico-social, sans que la révolution organisationnelle n’ait, jusqu’à présent, véritablement mis en pratique l’esprit et la lettre des lois.

Pourtant, les auteurs de mémoire montrent comment, dans les champs de la protection de l’enfance, de l’enfance handicapée, de l’exclusion ou des personnes âgées, les praticiens mettent en place, vaille que vaille, les principes des lois nouvelles en expérimentant souvent, dans un cadre parfois étriqué, les conditions d’une place première des bénéficiaires et en insufflant de la « plasticité » dans les édifices anciens.

Catherine Come relate l’expérience de l’intégration d’un service médico-social au sein d’une école primaire et d’un collège en soulignant les signes d’appartenance/non-appartenance, d’insertion/non-insertion, de personnalisation/non-personnalisation des élèves handicapés. Laurence Colin analyse les relations partenariales entre les associations caritatives et le service social d’un département pour répondre aux besoins des personnes en grande précarité. Thierry Le Goaziou montre comment il est possible de diversifier les prestations en Mecs pour répondre aux besoins des nouvelles populations d’adolescents accueillis. Stanislas Faure analyse le maintien encore des relations modélisées et dissymétriques entre les parents et les professionnels dans la mise en place d’un projet individualisé dans le cadre d’un Sessad. Patrice Morel témoigne de l’offre de services proposée par un Esat pour accompagner le passage à la retraite des travailleurs handicapés.

Enfin, Patricia Fiacre et Jean-Yves Barreyre montrent comment, lorsque le sujet « fuit » le projet, comme dans les situations d’incasabilité, c’est l’ensemble du système de protection de l’enfance qui est remis en cause.

Jean-Yves Barreyre

 

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