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Auteur(s): 
Brigitte Bouquet

Simone CrapuchetAprès son Diplôme d’État d’infirmière à l’école Florence Nightingale de Bordeaux, Simone Crapuchet est partie comme infirmière coloniale en Afrique. À Dakar, elle s’est battue pour sortir de l’hôpital principal dans lequel elle avait la charge du service gynécologie-chirurgie afin de travailler au dispensaire de la polyclinique Roume liée à l’hôpital africain. En effet, selon son expression, elle avait « reçu deux chocs » : d’une part le soin était trop cantonné au médical et ne prenait pas en compte l’éducation ; d’autre part elle ressentait le besoin de mieux connaître la langue et la culture des populations africaines. Son travail au dispensaire lui permit une autre approche, renforcée lors d’un séjour à Madagascar.

Fin 1945, elle rentre en France. Adjointe à la conseillère technique du service social au ministère des Colonies en 1946, Simone Crapuchet a collaboré à la Commission sociale d’Outre-mer dès le premier plan (Monnet) au sujet de l’action sociale. Elle y est restée deux ans puis a suivi sa conseillère technique et est partie à la SNCF aux ateliers d’Arles. Recrutée en 1951 par le service des Affaires sociales d’Outre-mer, elle est envoyée en Côte d’Ivoire comme assistante sociale chef du service social (Développement social des populations). Elle y est restée quatre ans, puis a été trois ans en mission d’études FAO-ORSTOM.

Après ces dix-sept années en Afrique, elle rentre en France, obtient une bourse et repart très vite à l’École de service social de l’Université de Tulane, à la Nouvelle Orléans, puis à l’université noire Xavier University.

Nommée « expert » à l’ONU sur le programme « femmes et développement », elle part d’abord en Afghanistan pendant deux ans, puis en Amérique du Sud, dans divers États de la cordillère des Andes, pendant dix-huit mois et repart en 1968, pour l’Iran avec l’UNESCO toujours dans le cadre du programme « femmes et développement ».

En 1969, de retour en France, elle est recrutée pour prendre la relève de Madame d’Autheville au Conseil International d’action sociale et y reste quatre ans. C’est alors qu’elle se lance dans l’écriture d’ouvrages et dans des études supérieures. Inscrite à l’École des hautes études chez Chombart de Lauwe son sujet de mémoire porte sur « Les rôles de la femme en Afrique », le sujet de sa thèse en 1975 au collège coopératif chez Henri Desroches étant : « Problématique du développement social aux États-Unis ». Elle ne cessera de regretter que les formations du travail social ne se fassent pas à l’université.

De retour en Afrique entre 1980 et 1984 (chef de projet pour le BIT au Congo), elle est allée en Gambie pour effectuer une évaluation pour le compte du Centre international de l’enfance, puis enseigne pendant deux années au Brésil…

Elle lance avec Yvonne Knibiehler un ambitieux projet de recherches, financé par le CNRS, pour établir une base de données biographiques, recueillir des témoignages et recenser les sources. Ce programme débouche sur le livre Nous, les assistantes sociales : naissance d’une profession. Trente ans de souvenirs d’assistantes sociales 1930-1960 (Aubier, 1980) et lui permet de collaborer à divers travaux et recherches.

Simone Crapuchet a été très active à l’association française des femmes diplômées de France-AFFDU (présidente pour l’Aquitaine), présidente de la fédération des travailleurs sociaux devenue ensuite Confédération française des professions sociales, vice-présidente du Cedias, et a participé à bien d’autres associations. En 2008, elle est nommée chevalier de la Légion d’Honneur.

Ses publications

  • Une enquête sociologique auprès des travailleurs dans les grandes, moyennes et petites industries à Kabul, Faculté de Lettres et de Droit, 1962.
  • Problématiques du développement social aux Nations-Unies, thèse de sociologie, 1975.
  • 1892-1939, de la contribution des femmes de l’association philosophique "Le Droit humain" au développement social (s.d.)
  • De Versailles à Berlin, 1919 - 1945, document
  • (Sous sa dir.), Sciences de l’Homme et professions sociales, Privat, 1974.
  • En collab. avec Georges-Michel Salomon, L’intervention dans le champ social, l’interface sciences de l’homme technique sociales, Privat, 1992.
  • Bagatelle, 1930-1958. La Maison de santé protestante de Bordeaux. Présences et développements récents, Ères, 1992
  • Protestantisme et écoles de soins infirmier. La traversée du siècle : de la IIIe à la Ve République, Presse du Languedoc, 1996
  • (Sous sa dir.), Politiques sociales d’Outre-mer 1943-1960. Un Devoir de mémoires à l’égard des pionnières, 1999

Ses articles dans Vie Sociale, revue du Cedias

  • « L’élaboration d’un diagnostic scientifique en service social : De l’étude des signes et de la recherche de l’efficacité », Vie Sociale, n° 7/1980, p. 339-348
  • « Qui étaient-elles et qui sont-elles ? : 1905-1976 », Vie Sociale, n° 8-9/1987, p. 417-442
  • « Service, action et politique sociales d’outre- mer (1943-1960) », Vie Sociale, n° 2/1998, p. 19-64.
  • Article de Françoise Blum, "Mémoires d’une assistante sociale coloniale. Entretien avec Simone Crapuchet," Vie Sociale, n° 2/1998, p. 5-15.
  • "Les Français à la conférence internationale", Vie Sociale, n°5-6/1988, p. 183-193

Autres

  • Projection au Cedias : « La CFPS : 1922-2007. Une histoire du travail social », réalisé par l’Association Laboratoire de recherche en sciences humaines (LRSH) 213 rue Sadi Carnot - 93170 Bagnolet.
  • Nicole FOUCHÉ, « Les archives de Simone Crapuchet au Musée social », in Diplômées, n° 222, septembre 2007, p. 150-151.

 

Simone Crapuchet était une femme exceptionnelle et le Cedias-Musée Social dont elle était vice-présidente d’honneur tenait à lui rendre hommage.

 

Brigitte Bouquet

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