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Auteur(s): 
Marc de Montalembert

Du 16 septembre 2009 au 28 janvier 2012, le CEDIAS a accueilli un séminaire intitulé « Demain, quelles politiques sociales de solidarité ? ». Ce séminaire a réuni à treize reprises, soixante-dix à quatre-vingt participants qui ont pu échanger entre eux et proposer leurs réflexions après avoir entendu les intervenants et les discutants.

Ce numéro de Vie Sociale tente d’en rendre compte, en donnant la parole à un certain nombre des intervenants, animateurs et participants. Nous n’avons pas souhaité imposer un cadre strict aux auteurs, préférant garder le caractère spécifique de chacun des écrits. L’unité de ce numéro est peut-être moins évidente, mais cela reflète beaucoup mieux la diversité et la richesse des interventions.

Après une présentation du séminaire, nous avons regroupé réflexions, pistes et propositions en cinq thèmes : la dimension du social, l’invention de nouvelles pistes, les professionnels, les temporalités, les usagers et la nouvelle donne, un dernier regard sur l’ensemble du séminaire terminant ce numéro.

Le séminaire pour commencer, c’est Michel Chauvière qui le présente, comme un acte de résistance, intellectuel et collectif. Il reprend douze années de mobilisation et les raisons pour lesquelles, MP4 Champ Social, le MIHL et le Cedias ont décidé de l’organiser.

Jacqueline Bonneau, administratrice du Cedias s’attache à rappeler pourquoi la Fondation se devait d’accueillir ce séminaire.

François-Olivier Mordohay à qui échut le soin de lancer la réflexion fait un retour sur son intervention pour redire pourquoi, selon lui, l’État social n’est pas dépassé. Patrick Viveret de son côté montre comment continuer à l’instituer : « …les nouvelles formes de pacte social à imaginer ont comme perspective la question de construction d’une société du bien-vivre, elles doivent du même coup repenser la question des représentations et des modes de calcul de la richesse à partir de cette question centrale... » Quant à Martine Pottier et Jacques Ladsous, ils s’interrogent sur les processus de construction d’une politique sociale de solidarité, sur ses acteurs et enfin sur ses destinataires.

Cinq axes de réflexions suivent.

Victor Girard nous propose une éthique républicaine de respect de la personne humaine, tenant compte des différences de territoires et de l’expression de terrain individuel. Bertrand Dubreuil considère lui que l’utilité du social ne relève pas de la performance. L’efficience des établissements et des services n’est pas contradictoire avec l’utilité sociale, mais la performance n’est pas constitutive de l’activité du secteur social et médico-social. Et Joël Dutertre, qui fut l’un des animateurs du séminaire, de nous interroger sur la construction de collectifs à taille humaine.

Le deuxième axe porte sur l’invention de nouvelles pistes ; c’est ce que s’efforcent de faire Martine Potier, Jean-Michel Belorgey et Jean-Yves Barreyre. Martine Potier en nous proposant trois ouvrages afin de nous interroger sur notre manière de faire société. Jean-Michel Belorgey, dans une réflexion décapante, cherche à tenir compte des changements de nature et d’intensité des différentes catégories de besoins sociaux pour rechercher les voies d’un système de protection sociale rationnel, de priorités, de droits fondamentaux de la personne humaine et des attentes de l’intérêt général. Quant à Jean-Yves Barreyre il essaie de poser les conditions d’une nouvelle économie politique de santé publique en proposant une série de pistes comme : « changer les modes de gestion et de gouvernance », « co-construire la place et le rôle des personnes usagers des services » et « réorganiser la recherche dans le secteur sanitaire et social ».

Troisième axe, bien sûr, les professionnels. Nicole Questiaux renouvelle ici sa fameuse « Adresse aux travailleurs sociaux » – à l’occasion du trentième anniversaire de celle-ci, Vie Sociale publiera un numéro sous la responsabilité de Pierre Gauthier – et l’élargit aux pouvoirs publics et au public utilisateur. Jacques Ladsous propose quant à lui un petit texte « De la souffrance à l’espérance ».

Un vieux proverbe espagnol repris par François Mitterrand dit qu’il faut laisser du temps au temps. Brigitte Bouquet nous dit qu’il faut lutter contre la fragmentation des temps, retrouver les opportunités de temps collectifs, de réflexion et de débats sur le sens de l’action. Par contre le texte de Martine Fourré, lui, nous introduit dans une réflexion sur « L’impensé du travail social en France ».

La dernière partie concerne plus spécifiquement les usagers. Georges Rangassamy a suivi de bout en bout le séminaire, il nous présente ses réflexions « d’usager » après treize séances. Jacques Ladsous s’interrogeant lui sur le cheminement qui va de la dépendance à l’autonomie.

En guise de conclusion (provisoire) Michèle Boulègue se demande ce qu’il faut retenir de ces deux ans. Les politiques sociales ont-elles un futur ?

 

Marc de Montalembert

 

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