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En hommage à Dominique Fablet, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Paris-Ouest Nanterre, décédé le 14 juillet 2013, le comité de rédaction de Vie sociale souhaite, à travers ces lignes, retracer son parcours et ses nombreux apports.

Membre de plusieurs conseils scientifiques, de plusieurs comités de rédaction, d’associations locales, nationales et internationales [1], directeur de la collection « Histoire et mémoire de la formation », de la collection « Savoir et formation », de la série « Éducation familiale » chez L’Harmattan, il a eu un rôle important pour l’action sociale, le travail social et pour la protection de l’enfance. Enseignant et chercheur, un grand nombre de ses travaux sont devenus des références.

Sa thèse, soutenue en 1983, était intitulée : Le travail social en mal de participation. Analyse d’une expérimentation sociale auprès d’une collectivité d’usagers. En prenant appui sur l’expérimentation sociale initiée par les travailleurs sociaux, il a analysé le système d’interactions entre les différentes catégories d’acteurs et, à travers la question de la participation des usagers, interrogé les perspectives susceptibles d’orienter l’action des travailleurs sociaux. Trente ans plus tard, l’actualité de cette recherche reste évidente.

Recruté par Paul Durning, il devint en 1991 maître de conférences au département de sciences de l’éducation de Paris X-Nanterre. Comme Dominique l’expliquait dans son hdr, « Analyser les pratiques des professionnels de l’intervention socio-éducative », deux périodes peuvent être distinguées à partir de son intégration au département de sciences de l’éducation de Paris X :

  • de 1991 à 1999, il mène parallèlement plusieurs recherches empiriques qui aboutissent à la remise de rapports de recherches, à des communications régulières à des congrès et colloques, des conférences ou exposés à l’occasion de journées d’étude organisées par des organismes ou des associations du milieu professionnel du travail social ;

  • à partir de 1999, une deuxième période est caractérisée par l’accroissement d’activités visant la diffusion des savoirs : enseignements et séminaires universitaires, communications, symposiums, tables rondes des congrès et colloques organisés dans les milieux de la recherche mais initiés par les organismes du secteur professionnel, publication d’articles et d’ouvrages.

Dominique Fablet devient ensuite responsable de l’équipe Éducation familiale et interventions sociales auprès des familles du cref (Centre de recherche Éducation et formation – ea 1589) et de la spécialité professionnelle « Éducation familiale et interventions socio-éducatives » du master en sciences de l’éducation à l’Université Paris-Ouest Nanterre.

Il a écrit une vingtaine d’ouvrages – sans compter de très nombreux articles :

  • des travaux menés sur la suppléance familiale ;

  • des travaux menés sur les interventions socio-éducatives ;

  • des travaux s’intéressant aux innovations et expérimentations dans le champ des interventions socio-éducatives ;

  • des textes rédigés à partir des activités de formation et d’intervention en direction des professionnels de l’intervention socio-éducative.

C’est le déplacement progressif dans le champ des interventions socio-éducatives d’une catégorie d’actions, la suppléance familiale, qui résumerait le mieux son parcours de recherche, et c’est par la création d’un dispositif de maîtrise « partiellement professionnalisé », d’abord en rapport avec le champ de la formation puis avec celui de l’intervention socio-éducative, qu’il a fait son principal apport à la formation des professionnels du travail social.

L’apport de Dominique Fablet est important pour l’action sociale et le travail social. Comme il le disait lui-même, il a eu « un souci d’utilité sociale récurrent, conduisant à développer des investigations selon des modalités telles que les professionnels puissent en tirer bénéfice en s’engageant dans un processus de transformation de leurs pratiques, quitte même à préférer parfois des formes de travail de terrain où les perspectives de changement priment par rapport aux visées de connaissance ». Et il ajoutait : « Ce n’est donc pas tant sur le plan de la connaissance que l’on peut escompter des apports des pratiques d’intervention […] l’apport essentiel se situe au niveau de l’action ; c’est pour cette raison qu’il apparaît indispensable d’aider les professionnels à résister aux routines envahissantes de la pratique. La présence de chercheurs, d’intervenants ou de formateurs semble souvent constituer une garantie pour la stimulation de professionnels trop souvent enfermés dans l’entre-soi. »

Malgré la maladie, Dominique a travaillé jusqu’au dernier moment (conférence de consensus sur la recherche en travail social, rapport sur la coopération entre les établissements de formation sociale et les universités, animation du Réseau universitaire des formations sociales) et bien sûr auprès de ses étudiants.

Dominique était heureux que le comité de rédaction ait choisi un de ses articles pour ouvrir la nouvelle formule de Vie sociale. La revue envisage par ailleurs de consacrer un des ses prochains numéros à la notion de « savoirs pratiques ».

 

Note

[1] Associations locales (erisfer, gref), nationales (aecse, arip) et internationales (aifref, eusarf).

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